17/09/19 * 14:36

Cabinet 107
107,avenue de la R?sistance
93340 LE RAINCY
tél. 01 43 01 90 90
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GEOLOCALISATION
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PHLEBOLOGIE, GYNECOLOGIE ; GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE
& PSYCHIATRIE
Drs Sonia Benzerti, Fadil Bechrouri et Daniel Beaulieu

Cabinet 107

©Aquarelle de Daniel Beaulieu
PSYCHIATRIE ADULTES-ENFANTS # psychiatrie : 1 ~ samstutz ~ 23:38 * 23/11/14

Psychothérapie institutionnelle d’hier à aujourd’hui

Nous souhaitons étendre l’élaboration de la pluralité des langues à celle des outils en psychiatrie.

La parole n’est-elle pas notre premier outil de soin ? Mais de quel soin parlons-nous ? De quelle folie, ou de quel handicap?

Derrière chaque langue, une discipline et ses techniques. Du divan à la remédiation cognitive, de l’EMDR à la sophrologie, de la danse thérapie au modelage, des associations aux clubs thérapeutiques, en passant par les médicaments, et les électrochocs, quelle place reste-t-il à la parole et à son adresse ?

C’est qu’avec le temps certains mots se font plus sourds pour ne pas dire tabous, d’autres se déclinent et deviennent passe-partout. Ainsi selon les écoles et les générations, le terme de « transfert » creuse… parfois les liens entre collègues, celui de « soin » aussi. Entre deux époques, le passage de la psychiatrie à la santé mentale marque l’évolution des formations initiales et continues. Que peut-on en comprendre aujourd’hui ?

Transmettre une conception de la folie et des psychothérapies, certains parlaient d’« un défi existentiel », n’est-ce pas justement le cadre préalable à toute clinique des psychoses ?
Comme de défendre qu’à « chacun sa métapsychologie » nous disait Jean Oury.
Mais alors le soin s’articule ou se décline-t-il à la mesure de l’attention que l’on porte à celui que l’on soigne?

A l’heure de l’expansion du diagnostic de TDAH (troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), de l’explosion de TSA(troubles de spectres autistiques), à l’heure des tentatives de généralisation de nouvelles pratiques de « soins » et des recommandations, peut-on encore créer ou innover sans tomber dans les guerres d’écoles ou le dévoiement des concepts ?
Quelle marge de manœuvre avons-nous pour singulariser nos pratiques et rester à l’écoute d’une subjectivité qui se dit au travers de protocoles de soins, de DAR (données, actions, résultats) ou d’éducation thérapeutique en
psychiatrie?


"Produire de la subjectivité dans la relation éducative avec l'enfant autiste"
Anna Konrad (psychiatre, psychanalyste)
IXème rencontre de Maison Blanche vendredi 12 décembre 2014
« à propos de la psychothérapie institutionnelle d’hier à aujourd’hui.»


L’historien d’art Jean Clair dans L’hiver de la culture sépare nettement le savoir – toujours enraciné dans un lieu et à un moment donné – de la culture qui, elle, est véhiculé et diffusée à souhait et selon les moyens. En parlant de la déperdition de l’art dans la culture, il évoque ainsi la position des décideurs dans ce domaine : « A défaut de pouvoir faire dialoguer entre eux les différents savoirs d’une même nation, […] les décideurs culturels eurent semble-t-il l’ambition […] de faire, selon leur expression, ”dialoguer les cultures ” à l’échelle du planétoïde. La prétention fut cette fois d’ignorer les frontières, les territoires, les nations, les régions. La dernière illusion du Musée imaginaire fut la tour de Babel. » selon Jean Clair, « L’hiver de la culture », Flammarion, 2011.
Cette tour de Babel, métaphore de la journée, se présente pour nous aussi comme tentation d’une accumulation de connaissances arrachées à leur terreau et à leur histoire particulière, sans plus ni fondateurs, ni transmission exigeant un lien sinon pour la vie, du moins pour une grande partie de son existence. Accumulation d’outils… de compétence et certainement échec d’un dialogue entre savoirs différents, pour s’illusionner dans la maitrise de techniques multiples à portée de tous. Le titre de la journée « Le transfert, un outil de compétence » est un oxymore, une figure d’opposition où le transfert, réalité de la relation où l’un attend une guérison de l’autre, aux antipodes de la maitrise et de la transparence, est juxtaposé sans détour à l’outil de compétence qui prétend savoir ce qu’il maîtrise. C’est donc une figure de subversion du sens, l’« outil de compétence » réalisant que peut-être il ne sait pas et ne maitrise pas et sa réciproque, la figure d’un psychanalyste totalement laïque, qui prétend réinstaurer un dialogue entre les différents savoirs. Une autre utopie que celle d’un Babel de tous les savoirs, que nous avons, je crois, Elodie Létapin et moi-même, chacune à sa manière, essayé de réaliser dans un temps et dans un lieu, pas tout à fait les mêmes pour l’une et pour l’autre. Nous allons essayer de vous en parler.


Elodie et moi nous sommes rencontrées dans un CMPP où nous avons travaillé, elle en tant que stagiaire de Master 1, puis de Master 2 en formation de psychologie clinique et moi en tant que psychiatre et médecin directeur, dans un dispositif inventé et crée quelque temps auparavant pour prendre en charge des enfants autistes sur des demi-journées (sur 3 demi-journées dans la semaine) d'âge maternelle. Ces enfants consultaient au CMPP et pour eux, les propositions de soin classiques semblaient largement insuffisantes. Deux ans plus tard, alors qu'Elodie était déjà psychologue, nous avons crée et poursuivi pendant un an un atelier pédagogique hebdomadaire de 3/4 d'heure environ avec une petite fille autiste qui avait alors 9 ans, qui fréquentait par ailleurs un hôpital de jour et que nous recevions avec sa maman.
Au jour où nous vous parlons, Elodie poursuit une expérience originale dans le domaine de l'accompagnement d'enfants autistes où à ce jour, vous le savez, en dehors de quelques institutions bien implantées, les psychologues qui poursuivent une formation psychanalytique sont le plus souvent soit écartés, soit mis en demeure de mettre de côté ce qui ne relève pas de conduites prescrites et justifiables par une des méthodes de référence comportementale. Jouer avec l'enfant en se mettant dans une position de disponibilité et de réceptivité à ce qu'il exprime, essayer de comprendre en supposant que ce qu'il dit ou fait peut exprimer un désir ou un affect ou une forme de subjectivité affectée par l'interaction avec l'environnement, sont des postures difficilement audibles, éventuellement tolérées si elles sont justifiées par l'une ou l'autre disposition nouvelle dans une des méthodes comportementales, tout particulièrement dans le cas où le professionnel est employé par la famille au titre de la mise en oeuvre requise par elle d'une prise en charge promue par les recommandations HAS sur le traitement de l'autisme.
A l'inverse et en miroir, dans notre structure CMPP, notre proposition d'atelier pédagogique avait un léger goût de subversion et suscitait de la méfiance, car il semblait emprunter une partie de sa conception aux méthodes comportementales par la mise au coeur de l'atelier de propositions pédagogiques successives et d'une demande explicite faite à l'enfant d’y porter son attention, de répondre à la demande qui lui est formulée.
Nous allons tenter dans le peu de temps dont nous disposons d'apporter quelques éléments de réflexion sur la problématique de la subjectivité dans la relation avec l'enfant autiste. Je précise pour éclairer mon énonciation aujourd'hui que depuis que j’ai accepté l’invitation pour la journée, j'ai fait tourner d'un quart de tour mon orientation professionnelle, supportant difficilement le jeu de destitution et de disqualification de l’autre, qu’il soit psychanalyste ou cognitiviste, si en vogue dans le choc des approches dans le traitement de l’autisme. Quittant alors le CMPP, j’ai fait un bref passage dans un hôpital de jour pour enfants en déshérence où une direction attendait de ma compétence une fabrication de fiches de postes et une promptitude à discipliner les rangs dans l’équipe.



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